Malgré une prise de conscience progressive au Cameroun, les cas de viols sur mineurs continuent d’être signalés. Entre tabous sociaux, peur de dénoncer et insuffisance de prise en charge, les victimes et leurs familles se retrouvent souvent démunies

.Dans plusieurs quartiers de Yaoundé comme dans d’autres villes du Cameroun, les témoignages se ressemblent : des familles confrontées à des agressions sexuelles impliquant des enfants, souvent dans un climat de silence.

On préfère régler ça en famille , confie une mère, la voix basse. Une réaction fréquente qui contribue à sous-estimer l’ampleur du phénomène. Selon des acteurs de la société civile, de nombreux cas ne sont jamais portés devant la justice.

Le poids du silence

Le tabou reste l’un des principaux obstacles. Dans certaines communautés, dénoncer un proche ou exposer publiquement une affaire est perçu comme une honte. Résultat les victimes sont parfois contraintes au silence, sans accompagnement psychologique ni suivi judiciaire.

Des associations locales tirent pourtant la sonnette d’alarme. Elles dénoncent une banalisation inquiétante et appellent à briser le silence autour de ces violences.

Des victimes vulnérables

Les mineurs, en particulier les plus jeunes, sont souvent ciblés par des agresseurs issus de leur entourage proche : voisins, membres de la famille ou connaissances. Cette proximité complique les dénonciations et fragilise davantage les victimes.

L’enfant ne comprend pas toujours ce qui lui arrive , explique un travailleur social. Les conséquences peuvent être durables traumatismes psychologiques, déscolarisation, isolement.

Une réponse encore insuffisante

Bien que des lois existent au Cameroun pour punir sévèrement ces actes, leur application reste inégale. Les procédures judiciaires sont parfois longues, et les structures d’accueil spécialisées encore trop rares.

Face à cette situation, des ONG et des professionnels de la santé plaident pour un renforcement de la prévention, de l’éducation et de la prise en charge des victimes.

 Vers une prise de conscience

La lutte contre les violences sexuelles sur mineurs passe aussi par l’éducation et la sensibilisation. Informer les enfants, former les parents et encourager les signalements sont des étapes essentielles pour inverser la tendance.

Dans un pays où la jeunesse représente une grande part de la population, protéger les plus vulnérables reste un enjeu majeur.

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